Nous sommes tous derrière vous, Noël Ferland

5 avril 2019 | Les confidences du prof | By : Daniel Delisle

Les amateurs qui suivent de près les activités de courses au Québec et ailleurs, ont sans doute noté il y a quelque temps, que Noël Ferland a mis en vente son trotteur de 4 ans, Sir Chopin. La nouvelle n’était pas sans surprendre, sachant que M. Ferland a toujours entraîné des chevaux depuis plus de cinquante ans, et ce même s’il a aujourd’hui 77 ans. De son propre aveu, la chose remonte au  milieu des années 60. Qu’est-ce donc qui a poussé ce pittoresque monsieur à vendre son dernier cheval ?



Sir Chopin et Simon Delisle filant à la victoire pour M. Ferland

Terrible maladie

« Il y a quelque temps, j’ai passé un mois à l’hôpital. On m’a diagnostiqué deux cancers, un cancer des poumons et un cancer de l’estomac. Vous devinerez que cette nouvelle m’a complètement bouleversé. Pire encore, selon les tests, les deux cancers sont très agressifs et incurables. Je saurai au cous des prochains jours, quel est mon pronostic de durée de vie. J’ai subi plusieurs biopsies  et ce sont elles qui en diront plus sur ma capacité de survivre au cours des prochains mois. C’est tout de même très étrange car je peux vous dire qu’actuellement, je me sens assez bien. C’est la nouvelle, une catastrophe à laquelle on n’est jamais préparé, qui fait le plus mal. Dans ces circonstances, je n’avais pas le choix de me départir de mon dernier cheval, et c’est finalement Kevin Maguire qui me l’a acheté. Je lui souhaite toute la chance du monde avec, puisque c’est un beau prospect. Il a 4 ans et j’ai confiance qu’il saura le développer en un bon trotteur. »




M. Ferland posant fièrement avec Sir Chopin et Simon Delisle

Longue implication

« C’est une longue association avec le trot et amble que j’ai entretenue tout au long de ma vie, parallèlement à mon travail professionnel qui a longtemps été celui de vice-président d’une compagnie qui chapeautait les centres d’achats un peu partout au Québec. Même si le travail était prenant, j’ai toujours trouvé du temps pour les chevaux.  Du temps de l’hippodrome de Québec, j’étais à la piste tous les matins à 5h pour aller m’occuper de mes chevaux. C’était ma façon de commencer mes journées. Quels heureux temps ce furent ! »

« J’ai toujours eu une préférence marquée pour les trotteurs, des trotteurs avec du tempérament, souvent des chevaux dont les autres entraîneurs ne voulaient pas. Dans les grosses écuries, on n’a moins le temps pour s’occuper de chevaux difficiles et c’est la raison pour laquelle je me suis souvent retrouvé avec quelques spécimens dont je suis venu à bout avec immensément de patience. Cette sorte de chevaux possède souvent beaucoup de vitesse. Il faut canaliser leur énergie, ce à quoi je m’employais. Mon écurie  pouvait passer de une à huit têtes, selon les circonstances ou les saisons. »

«  J’en ai eu des bons à certains moments. Je ne pourrais pas vous les nommer tous, mais deux noms me viennent facilement en mémoire, Noble Song et Turban, dont les amateurs plus vieux se souviennent sûrement. C’étaient des chevaux qui couraient surtout à Blue Bonnets. De très bons moments. »














Brise du Large

Nos voeux et nos pensées positives

À ce charmant et unique monsieur, je me permets de souhaiter au nom du Club Jockey, des gens de chevaux parmi lesquels il compte des dizaines d’ami(e)s,  beaucoup de courage, de ténacité et d’esprit positif malgré les pronostics. On ne doute pas qu’il doive passer au cours des prochaines semaines et des prochains mois, des moments difficiles et nous voulons tous qu’il sache que nous sommes derrière lui par nos pensées.

Retour aux nouvelles