Les « N » et les « A » en évidence

18 mai 2018 | À l'étranger | By : Daniel Delisle

Les amateurs qui suivent les activités de courses sur la scène nord-américaine et particulièrement au sud de la frontière, ont probablement remarqué le phénomène : de plus en plus de chevaux en provenance d’Australie « A » et de Nouvelle-Zélande « N » se démarquent sur les différents hippodromes de la Côte Est. C’est surtout visible à Yonkers, The Meadowlands, Philadelphie et dans une moindre mesure à Pocono, The Meadows et Saratoga.

 

Parmi les plus performants

 

Une chose est d’importer des chevaux de cette provenance, autre chose celle de les voir performer au plus haut niveau. Voici des chiffres provisoires qui ont de quoi étonner. Au 12 mai dernier, quatre des sept plus riches boursiers pour la saison 2018, viennent de « Downunder » comme on dit couramment.

 

1er cheval sur cette liste lucrative, la jument Shartin N, avec ses 343 000$ amassés, 3e Sell A Bit N avec 216 000$, 4e Bit Of A Legend A, 214 000$ et 7e Motu Moonbeam N, 133 000$. Je me permets de rajouter deux autres noms : Pacing Major N ( 42 000$ en quatre petits départs ) et la jument de René Allard, Eclipse Me N dans laquelle le proprio québécois Yves Sarrazin détient une part ( 26 000$ et une victoire en 1.51.2 le 8 mai à Pocono ).

Dans les années 70 et 80, certains proprios et entraîneur québécois avaient aussi tenté le coup et importé de tels chevaux avec un certain succès. Les plus vieux amateurs de courses s’en souviennent sûrement. Nous avons donc eu notre période « A » et « N », même qu’on retrouvait aussi à l’occasion des « GB » pour Grande-Bretagne. En général, les entraîneurs de l’époque trouvaient ces chevaux plutôt « hot ». On leur accordait beaucoup de vitesse, d’impétuosité, mais moins la capacité de finir leur mille. Mais bon, ils étaient sans doute comme bien des chevaux et des généralisations, alors comme maintenant, s’avèrent souvent plus ou moins exactes.

 

Le phénomène Shartin N

 

La jument Shartin N est un phénomène en soi. Depuis le début de l’année 2018, elle a couru onze fois et sa fiche est de (9-1-0). Ses gains sont de 343 000$. Parmi ses exploits, notons la finale de la Bluechip Matchmaker le 21 avril par plus de quatre longueurs en 152.2 à Yonkers et le 8 mai dernier, victoire dans le Chip Noble à Miami Valley, par plus de deux longueurs, en 1.49.3. La jument a 5 ans, elle est conduite par Tim Tetrick et entraînée par James King. Le père de cette jument se nomme Tintin In America, un fils de Mcardle.

La jument a beaucoup de tempérament, semble-t-il. C’est du moins le constat fait par son entraîneur qui a vu la jument briser son allure dans la 3e tranche de la série Matchmaker, derrière la barrière, ce qui a évidemment rendu tout le monde nerveux avant le départ de la finale. Mais fort heureusement, des ajustements d’équipements ( les entraves ) ont permis à la jument de s’imposer dans la finale.

 

On annonce pour les prochaines semaines, un autre phénomène du Down Under en Lazarus. Il a gagné 35 de ses 45 départs à vie et il sera orienté pour le meeting de Lexington dans l’espoir de le voir battre le record de 1.46 ! Rien que ça. On le rendra aussi éligible aux épreuves du Breeder’s Crown. Un autre nom à mettre au calepin.

Amateurs d’interpiste, soyez aux aguets… la vague en provenance de l’Océanie est en train de déferler en Amérique.

 

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