Incroyables performances des juments du bout du monde

12 avril 2019 | À l'étranger | By : Daniel Delisle

Difficile de trouver un équivalent français pour ‘down under’, expression pour désigner les gens et les chevaux qui viennent d’Australie ou de Nouvelle-Zélande. Une chose est sûre cependant, il nous faut les qualifier au plus tôt dans le monde des courses, car les exploits des juments de ce coin d’Océanie accumulent les succès à l’aube de la dernière tranche des séries Matchmaker ( ce soir ) .

Shartin N oui, mais

S’il n’en était que de Shartin N, une jument révélée au monde des courses en 2018, on pourrait toujours mettre le tout sur le fait d’une exception. Mais au terme des quatre premières éliminatoires tenues à Yonkers dans la série Matchmaker pour les juments, Shartin N ( que Tim Tetrick a achetée pour une part ),  n’est même pas la jument dominante qu’on attendait. En fait, elle est deuxième au classement plutôt que première comme chacun s’y attendait. Cela ne signifie absolument pas qu’elle ne remportera pas la finale du 20 avril, mais cela signifie aussi qu’elle a des rivales de son coin de terre.

Un coup d’oeil aux statistiques parues après les quatre premières tranches révèlent en effet d’étranges choses. Croyez-le ou non, mais  cinq des six premières juments au classement proviennent d ‘Océanie, Australie ou Nouvelle-Zélande. Cinq des six meilleures.  La plus dominante se nomme  Bettor Joy N, une Bettors Delight. Shartin N vient au second rang. Dont Think Twice A, une Armbro Operative suit. Seaswift Joy N est au cinquième rang, c’est une autre Bettors Delight et Ideal Lifestyle A ( Western Ideal ) arrive en sixième place. Tout un palmarès, n’est ce pas ?

Y a-t-il un secret pour une telle réussite ? Peut-être pas, si ce n’est qu’on garde les bonnes juments en piste plus longtemps qu’en Amérique. Ici, faute de courses bien dotées, on opte plutôt pour les retirer au haras. Ce n’est pas un problème de lignée non plus, puisque les bonnes juments d’Océanie ont pratiquement toutes à leur pédigree des touches d’étalons nord-américains, Bettors Delight notamment.

Pendant ce temps au Levy

La série pour les ambleurs âgés, le Levy, se poursuit aussi , mais demain avec la présentation des cinquièmes et dernières éliminatoires. Vrai qu’il a été à ce jour chanceux au tirage des positions, mais il n’en reste pas moins que la figure dominante jusqu’ici est Western Fame de l’écurie René Allard depuis la fin de l’automne. Ce cheval est littéralement transformé et semble bien vieillir. Le duo qu’il forme avec Daniel Dubé est naturel. Il fallait les voir sortir de la barrière, la semaine dernière, pour apprécier la complicité entre l’homme et la bête. 1.50.4 le chrono de cette éliminatoire, le mille le plus rapide de la saison là-bas. Le 2e cheval derrière Western Fame a été distancié par plus de cinq longueurs. C’est vous dire ! Petit détail encore savoureux. Les chevaux mâles d’Océanie ne sont pas aussi dominants que les juments mais ils occupent tout de même les positions 5,6,8,9,10 au classement des quatre premières éliminatoires !

À moins d’une malchance, pire, d’une 7e ou d’une 8 position au tirage lors de la finale, Western Fame pourrait permettre à René Allard de ravir pour la 3e année consécutive la riche finale du Levy, exploit qu’il a accompli ces deux dernières années avec Keystone Velocity. À surveiller donc à Yonkers.

On a appris au cours des dernières heures que les qualification de demain ont été annulées. La piste restera cependant ouverte pour des entraînements. Faut croire qu’on n’en a pas encore fini avec l’hiver !

Retour aux nouvelles