L’histoire de l’hippodrome de Trois-Rivières

Les origines de l’Hippodrome de Trois Rivières remontent en 1830 alors qu’un riche commerçant trifluvien du nom de Moses Hart destinait une grande étendue de terre pour un lieu de courses à Trois-Rivières. Les premières courses de chevaux eurent lieu en octobre de la même année.

Sous l’influence des Anglais, les premières compétitions sont disputées avec des chevaux montés par des cavaliers et ces compétitions au galop obtiendront tôt leurs lettres de noblesse à Trois-Rivières, lorsque le 13 juin 1836, Sa Majesté Guillaume IV, roi du Royaume-Uni, offrira gratuitement une bourse de cinquante guinées (environ 350 dollars) à l’occasion d’une course spéciale. Quelques années plus tard, l’engouement des amateurs pour les courses au galop à Trois Rivières connaît un déclin et c’est alors l’apparition des courses attelées.

Organisées par le Three Rivers Turf Club dans les années 1850, par le Saint-Maurice Turf Club dans les années 1860, ou par de simples amateurs lançant des défis par la voie des journaux, les courses de chevaux attirent régulièrement des foules considérables sur le tracé trifluvien.

En 1896, l’association agricole du district de Trois Rivières acquiert un grand terrain comprenant la piste de course d’un mille pour y aménager un terrain d’exposition. Sur le terrain adjacent, des écuries sont érigées par la Compagnie d’exposition, qui organise des courses de chevaux et à l’occasion des courses de cyclistes. En septembre 1898, on y présente même une attraction spéciale, soit une course opposant un cheval à un cycliste.

Agrandie en 1900 et rénovée en 1916 par la nouvelle Commission municipale de l’exposition, la grande estrade est complètement réduite en cendres en une heure par un incendie, le 17 juin 1931. Quelques années plus tard, soit en 1938, la mise sur pied d’un important programme de travaux publics, par le gouvernement Duplessis, permet à la Ville de se doter d’une nouvelle grande estrade en béton dont l’essentiel de la charpente subsiste encore aujourd’hui.

En 1951, l’installation d’un système d’éclairage permettra dorénavant la présentation de courses en soirée et de nouvelles écuries en bois sont également érigées. C’est véritablement à partir de ces années que la piste connaîtra un essor réel, principalement sous la direction du Club de Courses Laviolette, géré par Charles-Henri Coté, à qui la Ville a loué la piste durant plusieurs années. Le pari mutuel est florissant et l’entreprise rapporte des taxes aux trois niveaux de gouvernement. C’est l’âge d’or de l’Hippodrome de Trois-Rivières alors que résonne la voix des courses en Mauricie, Adélard « Del » Dugré.

Le 12 juin 1970, un grand malheur frappe lorsque 84 chevaux périssent dans un incendie causant des dommages pour 500 000 $.

L’été suivant, un investissement de plus de 1.5 million permet la construction de nouvelles écuries en ciment. On en profite pour installer un tableau lumineux neuf, améliorer l’éclairage de la piste et apporter quelques modifications à l’estrade. En 1978, des travaux sont effectués pour vitrer une partie de l’estrade.

En 1989, un investissement global de 2.8 millions permet à la Corporation municipale responsable de l’hippodrome de réaliser un tracé beaucoup plus rapide avec des pentes appropriées et des virages moins accentués.

En janvier 1992, un autre incendie dévastateur fait périr 90 chevaux. Le directeur général de l’époque, Michel Giguère, entreprend des démarches de reconstruction . On ne perd aucune minute, puisque l’incendie ayant eu lieu un dimanche soir, on présente quand même le programme de courses prévu pour le mardi suivant.

Au début de l’été 1993, la SONACC acquiert la piste trifluvienne pour la revendre, en 2006, à Attractions Hippiques. En 2012, le Club Jockey du Québec, dont la mission est de relancer les courses de chevaux à la suite de la faillite d’Attractions Hippiques, achète l’hippodrome pour en faire le seul hippodrome actif au Québec. Des courses de chevaux y sont présentées du mois de mai au mois d’octobre, à raison de deux fois par semaine.