Le cheval standardbred

Le cheval standardbred d’aujourd’hui, qu’il s’agisse du trotteur ou de l’ambleur, représente un animal beaucoup plus pur et racé que celui qui a contribué à lancer le sport du trot et amble il y a près de 200 ans. L’élevage sélectif a produit un cheval qui se rapproche plus du pur-sang que du cheval de trait, mais le standardbred reste encore plus fort dans ses lignes et plus robuste dans son allure.  Chez le cheval Standardbred, la vitesse est évidemment un élément essentiel mais la résistance, l’endurance et la combativité sont également des qualités que l’on doit retrouver dans la conformation et l’anatomie du cheval de course. De façon générale, le cheval de courses sous harnais mesure environ 15 ou 16 mains (une main équivaut à 10 centimètres ou 4 pouces), il pèse entre 400 et 500 kilogrammes ou entre 900 et 1,100 livres. La grosseur d’un cheval n’a toutefois aucun rapport avec ses succès en piste.  Tout comme les chevaux naissent gros ou petits, ainsi, ils sont de différentes couleurs : baie, brune, noire, châtaigne, grise ou même de couleur rouanne. Si la plupart des lignées produisent des chevaux bais, noirs ou bruns, il n’est rien de plus joli que d’apercevoir, à l’occasion, un rayon gris ou châtain, dans un peloton de chevaux sprintant vers le fil d’arrivée.  Les chevaux de courses sous harnais ressemblent un peu aux humains. Certains sont doux, d’autres ombrageux. Certains adorent la compétition, d’autres pas.

Un peu d’histoire…

La race du cheval de course attelé est apparue dans le but d’obtenir une catégorie de chevaux capables de démontrer le plus de vitesse possible. C’est la race du trot la plus rapide au monde.  L’origine de la race remonte au cheval arabe qui doit à Richard Coeur-de-Lion d’avoir remarqué ses qualités. Alors qu’il est roi d’Angleterre, il importe des étalons qu’il croise avec des juments autochtones.  Plus tard, les Anglais ont reconnu la qualité de sang arabe comme améliorant des races locales. Dès lors, on procédera aux importations et aux croisements mais sans méthode ni plan. L’histoire du pur-sang commence sous Jacques 1er (roi d’Angleterre de 1603 à 1625) qui réglemente les épreuves sur pistes. Mais c’est Charles II (1660 à 1685) qui, devant le succès grandissant des courses montées, donne une véritable impulsion à ce mouvement en envoyant des écuyers en Arabie, en Turquie et au Maroc, dans le but de sélectionner des étalons et des juments arabes et barbes. Leurs produits nés en Angleterre sont les authentiques ancêtres du pur-sang anglais.  En 1686, le duc de Berwick importe l’étalon Lister Turk. Il sera suivi par les plus célèbres ancêtres de la race de pur-sang anglais qui furent trois chevaux arabes importés d’Angleterre entre 1690 et 1730 : Byerly Turk, Darley Arabian et Godolphin Arabian. Byerly Turk arabe-barbe, fut pris aux Trucs au cours d’une bataille de Buda par le Capitaine Byerly qui s’en servit pour combattre avant de le mettre au haras, en 1690, une fois sa carrière militaire terminée.  Il serait passé inaperçu n’eut été de la carrière exceptionnelle de son arrière-petit-fils, Herod, pur-sang aux nombreux succès en courses et surtout géniteur de vainqueurs de plus de 1000 épreuves.  Quant à Darley Arabian, il fut importé en Angleterre en 1704 par Thomas Darley, alors consul en Syrie. Flying Childers, le premier grand cheval de course, fut l’un des premiers poulains à naître de l’union de Darley Arabian et de Betty Leedes, fille d’un  étalon arabe dont descendant tous les purs-sangs gris. Darley Arabian est l’arrière-arrière-grand-père du fameux cheval Eclipse. Six ans après Herod, Eclipse fut élevé par le duc de Cumberland et remporta 26 courses en autant de participations. Comme reproducteur, il engendra près de 350 gagnants.  Finalement, Godolphin  Arabian fut offert par le sultan du Maroc à Louis XIV, puis abandonné pour son caractère trop volontaire. Vendu à un marchand, Godolphin Arabian tira des voitures dans les rues de Paris où li fut remarqué par Edward Coke qui l’importe en Angleterre en 1729. Utilisé comme « souffleur » au haras de Lord Godolphin, il réussit à dépasser son rôle et à saillir une jument à la place de l’étalon officiel.  Le produit tout à fait réussi, Godolphin Arabian devint à son tour reproducteur en titre et l’un de ses petits-fils fut le très bon Matchem.  Le chef de lignée du cheval Standardbred que nous connaissons de nos jours est « Messenger », étalon pur-sang anglais né en 1780 et importé aux États-Unis en 1788. Messenger est de la lignée Darley Arabian.

La race du cheval Standardbred tire ses origines dans l’Est des États-Unis, particulièrement dans les états de New-York, de Pennsylvanie et du New Jersey. Des centres d’élevage importants ont également été fondés au Kentucky et en Californie dès le début de l’établissement de la race.  Directement ou par l’intermédiaire de sa descendance, Messenger a marqué de son empreinte tout un élevage déjà très sélectionné  en composé de juments de trot et d’amble.  De robe gris prommelé, Messenger descendait par son père de Sampson  qui joua un rôle déterminant dans la création des races de trotteurs, transmettant à ses héritiers ses dons naturels pour cette allure.  « Bellfounder », un étalon de race Norfolk né en 1817 et importé en Amérique en 1822 afin d’y limiter la consanguinité, contribua également à l’élaboration du cheval Standardbred. De la lignée de Godolphin Arabian, il occupe le second rang parmi les fondateurs de la race. C’était un des plus rapides trotteurs de son temps et le plus remarquables. « Diomede » est un autre pur-sang anglais qui contribua à augmenter la vitesse du Standardbred. Il provenait de Darley Arabian par sa mère et de Godolphin Arabian par son père. Il fut importé dans l’état de Virginie en 1799.  Le Cheval Canadien a aussi contribué largement à l’établissement de la race des trotteurs des États-Unis. La famille des Pilote a eu pour souche un étalon canadien ambler et trotteur, né dans la province de Québec  en 1828 et exporté à l’âge de dix-huit mois aux États-Unis, où il a laissé une lignée de chevaux réputés pour leur vitesse. Green Mountain Maid, petite-fille de Pilote, occupa le rang le plus important parmi les juments génératrices de cette race.  La famille des Hall est aussi d’origine canadienne. Son fondateur, l’étalon Tom Hall, a engendré un grand nombre de chevaux ambleurs dans sa descendance qui détiennent des records de vitesse appréciables.

Trois autres dynasties ont contribué à la sélection du cheval de course : celle des Mambrino, branche issue de Messenger, celle des Morgan>, descendant de Justin Morgan (1789), cheval de très petite taille et celle des Clay qui ne manifestait pas de dispositions spéciales pour le trot. Cette famille fut établie par l’étalon Bashaw, importé de Tripoli en 1820, et par une jument canadienne, Lady Surry, la plus remarquable de toutes celles qui furent exportées aux États-Unis.

Tous les ambleurs et trotteurs qui se produisent sur nos pistes de courses aujourd’hui remontent par les mâles en droite ligne de quatre fils d’Hambletonian, petit-fils de Messenger. Si l’on songe à l’influence exercée par Hambletonian sur la sélection de race, on mesure combien l’apport du sang de Messenger a pesé lourd dans l’élaboration du cheval de course Standardbred. Et pourtant, Messenger ne fut jamais un cheval de course remarquable. Mais il se montra toutefois bon raceur et s’acquit une grande renommée par ses descendants.  Hambletonian a vu le jour dans le comté d’Orange de l’État de New York. De ses nombreux fils, ceux qui ont le plus contribué à la bonification de la race sont : George Wilkes en 1856, Dictator et Happy Medium> en 1863, et Electioneer en 1868.  En 1879, l’Association  Nationale des Éleveurs de Chevaux Trotteurs a établi une norme de vitesse standard, fixée à 2,30 minutes pour la distance d’un mille, d’où l’appellation de cheval Standardbred à ceux qui réussissaient à atteindre cette norme.

En conclusion, le cheval Standardbred provient de plusieurs races différentes dont les plus célèbres sont : l’arabe, le barbe et le pur-sang, sans oublier une contribution substantielle du cheval canadien.