Les confidences du prof Pieraz, le champion de Gina n’est plus

3 février 2018 | Les confidences du prof | By : Daniel Delisle

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris au cours des derniers jours, le décès du champion de Gina Bragagnolo, Pieraz, un cheval avec des racines mauriciennes indubitables. Gina a dû se résigner à faire euthanasier son champion, tellement sa dernière blessure à une patte le faisait souffrir.

 

Le cheval d’une vie

 

On a parfois l’impression à tort que les gens de chevaux n’ont pas de considération pour les chevaux qu’ils font courir. Fausse et malheureuse impression, car il y a en chacun, chacune de ces personnes qui consacrent une partie de leur vie aux chevaux, un profond attachement pour leur bête : « J’étais dévastée devant la gravité de la blessure et les souffrances que  cette blessure infligeait à mon cheval. On ne prend pas une telle décision de gaieté de coeur. J’étais très attachée à ce cheval dont j’ai pris soin dès le premier mois de sa vie. »

 

« Pierre ( Leclerc ) et moi n’étions pas des éleveurs. Aussi avions-nous demandé à Stéphane Beaudoin d’accoupler l’étalon Bolero Master à une jument en laquelle nous avions beaucoup confiance, Bye Bye Pipa N ( marque de 1.52.3 ) et le résultat fut Pieraz. Je l’ai vu grandir, je l’ai vu se développer. Il a été très facile à dompter et a tout fait bien dès le départ. À 2 ans, il a connu pas mal de succès, gagnant son tout premier départ à H3R en 2.02.3, après une qualification en 2.01.3. Il a eu la distinction de gagner son dernier départ, on est en 2008, un Circuit Élite en 1.56.3. Avec la disparition des courses au Québec en 2009, il a pris le chemin de l’Ontario et y a connu aussi du succès, Pierre se consacrant à son entraînement. »

« Il n’a jamais eu la chance de compétitionner pour de grosses bourses. Disons qu’il a gagné son argent à la dure. Ses crédits attestent qu’il était tout un guerrier : 251 départs ( 35-37-50 ) 361 915$, marque de 1.51,2 prise à 7 ans à Mohawk . Pour moi, cependant, son meilleur mille à vie et mon meilleur souvenir demeure sa victoire en 1.51.4 à Rideau en 2012, avec Simon Allard. C’est mon meilleur souvenir. »

 

Un vrai guerrier

 

Toujours selon Gina, son cheval fut un vrai guerrier, qui s’est battu à chaque départ avec tout son cœur et tous ses moyens : «  Ce n’était pas le plus grand démarreur. La plupart de ses conducteurs n’en avaient pas une grande confiance à la barrière. Des fois, j’aurais aimé qu’ils le projettent en avant, mais bon, on ne refera pas l’histoire. Toujours est-il qu’il préférait l’envoyer à l’extérieur et lui faire remonter le peloton. C’est là qu’il a gagné la plupart de ses courses, bravement, courageusement, en prenant la mesure de ses rivaux un à un. Un vrai batailleur, courageux, tenace. C’était un vrai de vrai ! »

« J’ai eu la chance d’être associée à plusieurs bons chevaux dans ma vie auprès d’eux mais aucun n’aura cette place spéciale dans mon cœur comme Pieraz. Quand il a quitté l’écurie chez nous,  ce furent les minutes les plus tristes de ma vie. Je perdais mon bébé, un cheval que je n’oublierai jamais. J’y pense depuis tous les jours et j’en ressens chaque fois un immense chagrin. »

 

Laissons à Gina les derniers mots : « Le malheur de l’avoir perdu ne doit pas faire oublier le bonheur de l’avoir connu. Bon dernier départ, mon guerrier. Gina xxx »

 

 

 

 

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