Les confidences du prof Des nouvelles de Stéphane Bouchard

15 septembre 2017 | Les confidences du prof | By : Daniel Delisle

Comme il le dit si bien lui-même, c’est normal que les amateurs, les gens de chevaux s’émeuvent à la suite d’un accident si grave soit-il, mais que quelques jours plus tard, ils passent à autre chose :  » Life is moving on ! » La vie continue et la personne doit ensuite tenter de se relever en comptant sur ses forces et celles de ses proches.

 

L’accident

 

Il faut remonter au 22 juin dernier, à la piste de Saratoga, à la 3e course, pour retracer cet horrible accident qui a laissé à ce jour Stéphane immobilisé dans un carcan cervical dont on a commencé ces jours-ci à lui enlever certains morceaux.  » Ce dont je me rappelle, c’est que le cheval qui me précédait s’est soudainement effondré au sol. Je le suivais et ne pouvais en aucun cas l’éviter. Je fus littéralement catapulté comme un fétus de paille dans les airs avant de retomber lourdement au sol, tête première. Je n’ai pas vraiment pu amortir le choc, c’est donc la tête, la colonne vertébrale qui a pris le coup. À partir de ce moment, j’ai perdu connaissance et ne me souviens pas même du passage des chevaux au deuxième tour de la course. J’ai repris vaguement conscience au moment où on m’a transporté en ambulance. »

Le bain de foule du 4 juin dernier à H3R

 » Le diagnostic a été sévère : quelques vertèbres fracturées, d’autres disjointes et qui devraient guérir avec le temps. Le lendemain matin, je suis passé par la salle d’opération où l’on a inséré des vis dans ma colonne. L’opération a duré cinq heures et demie !  Je suis demeuré à l’hôpital durant une semaine avant que l’on me renvoie chez moi, immobilisé dans un carcan. Les docteurs qui ont effectué l’opération m’ont dit que j’avais passé à quelques millimètres de la paralysie et que j’avais été ‘chanceux’ dans ma malchance. Un autre bon côté, c’est que je n’ai jamais cessé de marcher. Le bas du corps réagissait bien, le problème était ailleurs.  »

Parmi nos conducteurs vedettes, tournoi où il devait terminer 2e

La réhabilitation

 

 » On me donne un an pour recouvrer pratiquement toutes mes capacités. Je devrais, toujours selon les médecins, être capable de mouvoir ma tête et mon cou de bas en haut et de haut en bas. Latéralement, de gauche à droite, je devrais récupérer à peu près 50% de mes capacités. Je crois que je devrais être en mesure de retourner jogger quelques chevaux d’ici peu. J’ai des assurances personnelles que j’avais prises et qui m’aident à survivre de ce temps-ci. Les assurances de la piste m’indemnisent aussi un peu chaque semaine. Avec ces deux aides, j’arrive à joindre les deux bouts. »

Un invité de marque que tous voulaient entendre

 » J’ai toujours trois chevaux dans l’écurie. Actuellement, j’ai de l’aide de Mario Blanchette et si je continue à progresser, je vais orienter mon travail d’avantage du côté de l’entraînement. Je crois que je pourrais facilement augmenter le nombre de mes chevaux. Tu peux dire aux gens du Québec qui auraient le goût de faire courir des chevaux à Saratoga, que je suis disponible. Nous avons des courses jusqu’en décembre et les activités reprennent en mars. Pour le moment, c’est ce que j’envisage, à condition évidemment que ma progression soit constante.  »

De bons moments

Le moral

 

 » J’ai un bon moral. Il y a des jours où c’est plus difficile, c’est sûr. Eve ( Bergeron ) m’épaule et me soutient. On peut dire que c’est une blessure qui change une vie ! Serais-je un jour en mesure de remonter sur le sulky pour conduire en courses ? Bonne question. Pour le moment, ce n’est pas l’objet de mes préoccupations. Je remercie par cette occasion, tous les gens qui m’ont fait parvenir des encouragements. C’est toujours bon de se sentir appuyé. Et dire que tout cela est arrivé quelques semaines après mon passage à H3R où j’ai vécu de très beaux moments ! Comme quoi, on ne sait jamais de quoi demain sera fait ! »

Stéphane dans une victoire impressionnante de Highpoint Chip

Au nom du Club Jockey, des gens de chevaux du Québec et des amateurs de courses nombreux, nous te souhaitons Stéphane de retourner un jour en piste ou à tout le moins de continuer de gagner ta vie dans un univers que tu connais si bien. Ici, au Québec, on ne t’oublie pas. Bonne chance ! Bon courage !

 

 

 

Back to news