Les confidences du prof Stéphane Brosseau a atteint les 3000 victoires

1 septembre 2017 | Les confidences du prof | By : Daniel Delisle

À première vue, atteindre un tel seuil à Ayers Cliff aurait pu paraître décevant, mais aux dires de Stéphane lui-même, quel accueil chaleureux lui ont réservé les amateurs présents là-bas en ce samedi 26 août dernier. Un moment magique, intime, sympathique que le principal intéressé n’est pas sur le point d’oublier.

 

Une carrière inscrite dans ses gênes

 

« Mon père était un entraîneur-conducteur de talent durant les années 70, 80, de raconter Stéphane. Il en était de même de deux de mes oncles, Pierre et Jean-Guy Brosseau. Dès lors, d’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais voulu faire autre chose qu’un conducteur de chevaux. Sur les bancs de l’école, il a fallu toute la conviction de ma mère pour m’y garder jusqu’à ce que j’obtienne mon diplôme d’études secondaires, option cuisine ! Et dès que j’ai pu m’adonner à cette passion, dès que j’ai pu vivre mon rêve, je me suis lancé à fond de train dans les courses. »

Ayers Cliff, Abundasass propulse Stéphane à sa 3000e victoire en ce samedi 26 août 2017

 » Mes premières années ont été atypiques, en ce sens que j’étais aux États-Unis, travaillant pour mon oncle Jean-Guy quand a sonné l’heure de mes premiers essais en piste. Des courses de qualification à Brandywine, Freehold, Yonkers et une toute première victoire en 1988, à Blue Bonnets, aux guides de Sexy Skipper. Avant d’y arriver, à cette première victoire si désirée, je me souviens que j’avais terminé six fois deuxième !  »

 

Un cheminement normal mais…

 

 » Ce fut ensuite le temps de mes premiers emplois comme homme de chevaux et conducteur. Des entraîneurs pour la plupart très compétents de qui j’ai appris plein de choses; des gens comme Simon Pleau, Pierre Touchette, Jean-Louis Deblois, Serge Boulay. En 1989, tous les espoirs m’étaient permis : plus de 700 présences en piste, plus d’une soixantaine de  victoires. Il m’a ensuite fallu presque dix ans pour retrouver ces chiffres. Non pas que j’avais perdu mes moyens, mais l’arrivée massive de quelques vétérans de renom, durant ces années-là, m’a fait indéniablement reculé dans la poursuite de mes rêves. On parle bien sûr du Blue Bonnets du début des années 90.  »

 

 » Il y a eu fort heureusement la famille Prudhomme, Marcel Pelletier, quelques personnes comme celles-là qui m’ont permis de poursuivre.  Pour aller de l’avant, vers 1997, il devenait impérieux de faire un pas en arrière pour mieux relancer ma carrière. J’ai donc suivi à Québec Serge Normandin et c’est là aussi, à Québec, qu’est née une complicité qui dure toujours depuis, celle avec mon bon ami Marc-André Simoneau. En 97 et en 98, j’ai connu là un excellent passage qui m’a permis de revenir plus fort à Montréal, qui était devenu entretemps l’Hippodrome de Montréal. En 2002, ce fut ma meilleure année, avec plus de 260 victoires et des gains qui dépassaient les 2.2M$. »

Stéphane Brosseau entouré des siens, à Ayers Cliff, samedi dernier.

Trois-Rivières

« Au début des années 2000, j’ai convaincu deux bons amis à moi de me suivre à Trois-Rivières, deux fois par semaine. Je fais évidemment allusion à Serge Turenne et Mario Charron. Nous sommes devenus les  » tres amigos » et nous avons connu tous les trois du succès ici. À la cessation des activités de courses au Québec, j’ai dû faire comme plusieurs, me trouver un emploi en dehors des courses et tenter de gagner ma vie, celle de ma famille. La relance des courses à H3R, c’est formidable, mais pour quelqu’un comme moi, ça ne me permet pas à ce jour de vivre de mon métier. »

 

 » Bien sûr, à 48 ans, quand je jette un coup d’oeil à mon parcours, je m’imagine qu’il aurait pu être tout autre, si les courses au Québec s’étaient maintenues , avec trois hippodromes, même quatre, des courses presque à tous les jours, des bourses qui permettent à des gens de vivre de leur passion. C’est beau 3000 victoires, mais je ne suis pas sans me dire que dans les conditions actuelles, la 4000e semble bien lointaine. »

Stéphane Brosseau entouré des membres de sa famille et des dirigeants d’H3R soulignant sa 3000e victoire

Une année favorable

 

Ceux qui connaissent et apprécient Stéphane sont très heureux de ce qui lui arrive en 2017. De bons chevaux à conduire, le soutien de plusieurs des meilleures écuries l’ont propulsé cette année plus que jamais à l’avant-scène. On reconnaît plus son talent et son doigté avec les jeunes chevaux. Ce talent, cette habileté a toujours été là, mais c’était comme si on ne les appréciait pas à leur juste valeur.

 

Personnellement, il ne m’est pas arrivé souvent de sortir de ma réserve professionnelle, mais aujourd’hui, je me permets de vous dire, chers lecteurs, que Stéphane Brosseau, pour moi, c’est un conducteur accompli à qui je n’hésiterais pas de faire confiance. Voilà un homme de chevaux compétent, un homme qui sait tirer le meilleur parti des chevaux qu’on lui confie. Depuis le début des années 2000, il est, selon moi, une des forces dominantes sur la piste. Avec Pascal Bérubé et Mario Charron, il a toujours été là, contre vents et marées et on peut facilement dire aujourd’hui, qu’il est identifié à H3R.

Stock, un poulain de 2 ans qui pourrait faire vivre à Stéphane d’autres bons moments dimanche

Chapeau !

 

Stéphane est aussi un excellent ambassadeur pour l’industrie. Il s’exprime bien, une qualité recherchée pour bien vendre le sport auquel il est si attaché. Il peut clairement et sans détour identifier le pourquoi d’un succès comme d’un insuccès. C’est un homme émotif, un passionné. Il n’aime pas perdre, comme la plupart des gens assoiffés de victoires, mais cette année plus que jamais, il a su garder la tête froide et comme il le disait à Guy Lafontaine dimanche dernier, il essaie le plus possible de s’amuser !

 

Permettez-moi de le remercier pour toutes les entrevues qu’il m’a consenties au fil des ans. Croyez-moi, il est de ceux qui facilitent ma tâche. Je suis heureux qu’il ait atteint ce seuil enviable des 3000 victoires. Qui sait ce que demain lui réserve ? Il a encore de très bonnes années devant lui. Suffit juste que les courses continuent sur une bonne lancée. Marie-Claude et Philippe, Claudette et Marcel, vous pouvez être fiers de Stéphane !

 

 

 

 

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