Non classé Joe Faucher – Franc et à la recherche de changements

2 février 2017 | Non classé | Source : Standard bred Canada

Franc et à la recherche de changements
Trot Feature – Joe Faucher

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Quand Joe Faucher regarde vers l’avenir, il voit de grandes choses. Au moment de prendre les commandes du Québec Jockey Club, l’objectif du leader optimiste est de relancer les courses de chevaux de la province vers de nouveaux niveaux. Par Paul Delean // Traduction Louise Rioux

Jocelyn Faucher, surnommé Joe, a toujours été un bagarreur. C’était son rôle de hockeyeur dans l’équipe junior des Remparts de Québec, détenant le record de la ligue avec 305 minutes de pénalité la même saison, se frottant à des joueurs comme Ray Bourque et Denis Savard. C’est ce qui lui a permis de compenser son manque de formation scolaire – « Je n’ai qu’une neuvième année, » – de posséder plusieurs entreprises et d’occuper de nombreux emplois, mais celui qui représente son plus grand défi, c’est le plus récent, soit directeur général du Québec Jockey Club.

L’annonce faite en octobre à l’effet que Faucher allait succéder à Vincent Trudel à la barre du QJC, en a pris plus d’un par surprise, mais sa passion pour les courses de chevaux n’a jamais été un secret pour personne.

Il a été impliqué au sport à Québec depuis plus de trois décennies, à commencer par un passage à la direction des relations publiques à l’Hippodrome de Québec au début des années 1980.

Il a possédé des chevaux, a servi de chauffeur au membre du Temple de la renommée, Yves Filion, d’une piste à l’autre durant l’été et a même géré la Bayama Farm et les étalons de Filion alors qu’il était à son apogée, après la syndication de l’ambleur millionnaire Runnymede Lobell, au début des années 1990.

Faucher a brièvement opéré une publication bilingue sur les courses de chevaux, Harness World – Le Monde du Harnais, et à un certain moment, il fut représentant pour une compagnie céréalière, approvisionnant les fermes chevalines du Québec et de New York.

Il a été l’un des organisateurs et commanditaires du Québec Jockey Club dès ses tout débuts, y jouant un rôle clé, grâce à son réseau de contacts à Québec, et obtenant des modifications législatives réduisant les taxes sur le pari mutuel et permettant au QJC d’obtenir une licence de courses de même que l’établissement de dix salons de paris hors hippodromes dans la province, au lendemain de la faillite d’Attractions Hippiques qui a terrassé l’industrie au Québec il y a neuf ans.

« Jocelyn est une bonne personne, » dit Fillion, lui qui le connaît depuis des décennies. « Il connaît bon nombre de personnes, il a des contacts partout, y compris au gouvernement, et c’est un fonceur. Il fera toujours l’impossible. Je crois qu’il peut aider l’industrie. Je sais très bien qu’il y travaillera. »

Brian Paquet, un important propriétaire de chevaux de course et un directeur du QJC, mentionne que Faucher a fait la démonstration qu’il sait comment harmoniser les coûts et faire en sorte que les entreprises soient viables.

« C’est un homme en mission, fermement décidé à améliorer l’industrie et à lui procurer l’argent nécessaire pour qu’elle puisse recommencer à respirer, » dit Paquet. « Sa formation, il l’a acquise dans la rue mais cela ne fait aucune différence pourvu que le travail se fasse. Et il est devenu plus avisé et plus réticent au cours des ans. Il est persévérant, a une merveilleuse mémoire et il essaiera tout. Il n’est pas gêné non plus, pour donner son opinion. Nous l’entendions même avant qu’il ne fasse partie du QJC. »

Claude Lévesque, président du QJC, dit de Faucher que ses idées rafraîchissantes et son enthousiasme, ont conquis le conseil. « Il est coloré; c’est un homme de parole, et il veut absolument que cela arrive. »

Faucher dit que la corporation sans but lucratif a posé les fondements pour que l’industrie reprenne vie au Québec. Maintenant, il est temps de passer à l’étape suivante « la troisième phase », comme il l’appelle.

La première phase consistait à obtenir le permis pour redémarrer l’Hippodrome de Québec (2010). La deuxième phase c’était l’achat de la piste de Trois-Rivières (2012). Aujourd’hui, nous devons porter la cagnotte annuelle au-delà des 76 M $ actuels, et augmenter les bourses à 3 M $ par année (comparativement à 2,6 M $ en 2016.)

Faucher cherchera à obtenir des changements réglementaires de la part de la province pour permettre au QJC d’ouvrir jusqu’à 20 mini salons de paris dans les bars et les restaurants de la province, en plus des 10 grands salons de paris actuellement en opération. Il cherchera aussi à introduire de nouvelles formes de paris, possiblement incluant des paris sur les chevaux qui n’atteignent pas leur cible, et il veut que Québec autorise l’usage du Lasix, rendant ainsi la possibilité d’expédier des chevaux provenant de juridictions extérieures plus attrayante.

Au cours de la saison 2017, l’Hippodrome de Trois-Rvières procédera à un tirage moitié-moitié lors de chaque programme en direct, et les recettes serviront à augmenter les bourses. Les billets moitié-moitié seront une façon de faire en sorte que les visiteurs qui ne misent pas sur les courses s’engagent – comme les conjoints, par exemple. « Nous pensons pouvoir générer de ce tirage, quelque 100 000 $ pour les bourses cette année, » de dire Faucher.

Il a vu les courses prospérer au Québec, puis vaciller et presque disparaître, mais il n’a jamais perdu foi en leur capacité de s’engager et divertir les gens.

« C’est comme les quilles, », dit Faucher. « Quand je me suis lancé dans cette entreprise il y a environ 20 ans, les gens me disaient que c‘était un sport s’adressant seulement aux gens âgés, et qu’il était en fin de vie. Devinez quoi. Cela fonctionne toujours. Je suis propriétaire d’une salle de quilles de 48 allées à Québec, et nous accueillons 6 000 visiteurs par semaine, âgés de 2 à 92 ans. »

Fils d’un contracteur de Gatineau au Québec, Faucher s’est d’abord intéressé aux courses lors d’une visite à l’hippodrome de Connaught Park à Aylmer, alors qu’il était adolescent et qu’il livrait de la bière pour la brasserie Labatt.

Lorsqu’il est déménagé à Québec pour jouer au hockey à l’âge de 16 ans, les Remparts visitaient occasionnellement l’Hippodrome de Québec en équipe.

« Le premier été après avoir quitté les rangs juniors, le responsable du Marketing des Remparts a quitté son poste et ils m’ont appelé à Gatineau m’offrant du travail comme vendeur de billets de saison. J’en ai vendu 1100. Personne ne s’attendait à cela. Ils ont fini par m’offrir le poste à temps plein. Je dois avoir été le seul gars à passer directement du junior à une autre fonction avec l’équipe. Il s’avère que j’étais bon dans la vente et la promotion. »

Faucher y est demeuré trois ans. Il serait probablement resté avec l’équipe, mais ses jours dans la ville étaient comptés. Les Nordiques de Québec avaient intégré la LNH en 1979, et le marché local n’était pas assez grand pour faire vivre les deux. La franchise junior a été forcée de se relocaliser (déménageant éventuellement à Longueuil.)

« Ils m’ont dit, si tu pouvais trouver autre chose, ce serait mieux, m’ont-ils dit, ne pouvant pas me garantir un avenir, » lui dit Faucher. « Ce qu’il faut faire à Québec, quand on est à la recherche d’emploi, il faut commencer par faire le tour des bars locaux. »

Dès son premier arrêt, quelqu’un lui a mentionné que le directeur des relations publiques à l’Hippodrome de Québec venait de quitter.

« Je ne connaissais pas beaucoup le sport des courses, vraiment, mais je voulais apprendre, » dit-il. « Ils étaient à la recherche de quelqu’un qui pouvait améliorer la visibilité du sport dans la communauté, et j’avais toujours tous mes contacts dans le hockey. Ils m’ont immédiatement embauché. Je n’ai manqué aucune journée de travail. Et j’allais partout visiter toutes les pistes pour voir comment les choses se déroulaient.

Un événement qui lui est resté en mémoire fut l’International Trot au Roosevelt Raceway en 1983. « Ils ont éteint les lumières et ont présenté les chevaux sous l’éclairage d’un projecteur. C’était tellement impressionnant. »

Faucher a emprunté l’idée pour le premier Grand Prix de Québec, une course invitation de 25 000 $ à l’Hippodrome de Québec, gagnée par Saturn Lobell et son conducteur Carman Hie en 1983. « Nous avons loué un projecteur. Ce que j’ignorais toutefois, ‘dit-il dans un rire’, c’est que si nous éteignions les lumières de la piste, il leur faudrait 25 minutes pour retrouver leur pleine brillance. Les chevaux ont dû retourner au paddock. Ce fut quand même une bonne course, et quelque 345 000 $ ont été pariés. »

Ses efforts à l’Hippodrome de Québec ne sont pas passés inaperçus, et en 1985, il a été invité à se joindre au service des relations publiques de l’Hippodrome Blue Bonnets à Montréal.

Il y est resté six mois.

« Ma vision des courses n’était pas la même que celle des dirigeants, » dit-il. « C’était trop de changements comparativement à ce à quoi ils étaient habitués. Je me souviens de Lucien Paiement, un important propriétaire et éleveur, qui me dit une fois que si je voulais réellement changer les choses, je devais acheter ma propre piste. »

Ce qu’il a presque fait au début des années 1990. Faucher, Filion et Lévesque ont ensemble présenté une offre pour acquérir Connaught Park, qui était alors sous la direction de Pilar Gorman.

« Nous avons effectivement signé les papiers, » dit-il. « Mais au Québec, il y a un délai d’attente après les signatures, et mon avocat m’a appelé à 6 h 30 le lendemain matin pour me dire que Mme Gorman avait reconsidéré le tout et que le marché était annulé. »

Par la suite, Mme Gorman offrit des postes à Faucher et Lévesque à la piste, mais ils ont quitté après deux jours, réalisant qu’ils ne convenaient pas à son style de gérance. Peu après, la piste a fait faillite.

C’est après la malheureuse aventure de Connaught que Faucher a découvert les quilles.

« Le frère de Claude Lévesque avait un salon de quilles à Bedford et il nous dit que nous devrions nous y intéresser. Comme pour les courses, je voulais en apprendre autant que je le pouvais sur le sujet. Accompagné de mon épouse, Marie-Claude, et de mon fils, Alexandre, nous sommes allés partout pour voir comment cela fonctionnait ailleurs. J’ai visité toutes les provinces canadiennes et 22 états américains. Je crois bien avoir vu 200 salons de quilles. »

Il a inauguré son premier salon en 1997 à Lachute, QC, en partenariat avec Filion, puis en ouvrit deux autres à Mont Sainte-Anne et au centre-ville de Québec. Il a vendu les deux autres pour ne conserver que celui de Québec, le Quillorama Frontenac, lequel fonctionne toujours fort.

En cours de route, il a également passé trois années à assister Alexandre, maintenant âgé de 25 ans, dans le démarrage d’une entreprise de rebuts de métal.

« Sa compagnie va bien maintenant, et c’est pourquoi je lui ai dit en septembre, qu’il était temps pour moi de m’écarter pour faire autre chose. Je ne savais pas alors, ce que ce serait. Mais j’avais un plan en tête pour le Jockey Club, lequel j’ai partagé avec la majorité des directeurs. Je leur ai dit, si vous aimez cela, accordez-moi un mandat de deux ans. Et si ça ne vous convient pas, il n’y a pas de problème.»

Il s’est donné deux ans pour faire sa marque au QJC, disant que le précédent président, Tony Infilise ainsi que Trudel, avec lesquels il entretient de très bonnes relations, « le lui avaient cédé en excellente santé. J’étais de ceux ayant recommandé Vincent pour le poste. »

« La piste de Trois-Rivières a été achetée 4 M $. Il ne reste que 1,8 M $ à rembourser. C’est significatif. Le circuit régional a été renforcé. C’est là où vous développez les jeunes talents, des gens comme Louis-Philippe Roy (conducteur en tête 2016 à la piste Rideau-Carleton). C’est comme au hockey. Vous avez besoin d’une bonne ligue junior. » Il y a aussi eu des améliorations majeures dans la reproduction. Je me souviens avoir dit à Yves Filion, lors des finales de la Coupe des Éleveurs (élevage québécois) disputées pour 300 000 $, qu’il serait impossible pour le sport de continuer dans cette voie. Nous étions trop concentrés sur l’élevage québécois, pour lequel il restait peu de valeur résiduelle quand les courses ‘stakes’ étaient terminées.

« Ce qu’a fait le QJC a été de dire aux propriétaires d’accoupler leurs poulinières aux étalons de leur choix, de produire les meilleurs chevaux possible, et que nous leur donnerions un endroit où ils pourraient faire leur début, se développer ou se rafraîchir. Vous en voyez les résultats aujourd’hui, avec des chevaux comme The Real One (gagnant de plus de 700 000 $ basé à Yonkers) et Yaris Bayama (gagnant en 2016 de la Superfinale de l’Ontario Sires Stakes pour les juments ambleuses de 2 ans.) Nous avons de bons hommes de chevaux au Québec. Nous pouvons être l’AHL des courses de chevaux. Mais c’est comme toute autre industrie. Si vous vous ne vous renouvelez pas, vous commencez à reculer. Et nous devons nous concentrer davantage sur les amateurs. C’est pourquoi nous ajoutons des courses invitations de 8 K $ à chaque programme cette année à H3R, afin de donner plus de qualité à nos amateurs et parieurs, quelque chose qui peut être exporté. En 2017, la personne la plus importante pour le QJC est le parieur, masculin et féminin. Les gens n’y ont pas pensé depuis 25 ans, mais ce sont eux qui nous maintiennent en vie. »

Faucher est aujourd’hui âgé de 56 ans, l’âge auquel son père Rhéal est décédé (après qu’un cheval lui soit tombé dessus à la ferme qui avait été le rêve de sa vie), et il tient à contribuer à un sport qui l’a captivé et inspiré depuis des décennies.

« Les courses de chevaux, tout comme le hockey, ont été très bons pour moi, » dit-il. « Je veux les voir prospérer. Je crois être la bonne personne pour le poste parce que depuis 30 ans, j’ai toujours eu l’impression que ma vision n’était pas de son temps, et aujourd’hui, j’ai un conseil d’administration qui l’endosse. Je suis plus embarrassant et moins structuré que quelqu’un de plus instruit, et mon grand regret dans la vie c’est de ne pas être allé plus longtemps à l’école. Mais je pense que mon bilan parle par lui-même. J’ai fréquenté l’université de la vie. J’ai aussi accompli à peu près toutes les tâches pour les courses, et avec tout ce bagage sur lequel m’appuyer, j’aimerais laisser un legs durable au sport. »

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